Vincent Clerc : « Aux Etats-Unis, ils ont une approche très différente »

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Vincent Clerc : « Aux Etats-Unis, ils ont une approche très différente »

TOULOUSE (HAUTE-GARONNE)

Vincent Pialat | Publié le 5 déc. 2013, 07h00 dans Le Parisien

 

Floride (Etats-Unis), en novembre. Après sa blessure à un genou, Vincent Clerc (à dr.) est allé parfaire sa condition physique avec des joueurs de foot américain.(Instagram.)

Dans trois semaines, si tout va bien, Vincent Clerc rechaussera les crampons avec Toulouse, huit mois après avoir été victime d’une rupture des ligaments croisés d’un genou. L’ailier international confie son impatience et ses attentes.

Comment avez-vous vécu cette rééducation ?

Vincent Clerc. Je l’ai trouvée plus facile que lors de ma première blessure, en 2008. J’ai retrouvé plus vite des sensations, et je l’ai mieux gérée. C’est passé relativement vite, même si le staff m’a beaucoup répété de prendre mon temps. Car, j’ai parfois tendance à trop en faire, à vouloir revenir trop vite. J’ai immédiatement vu cela comme un défi. Parfois, durant les saisons, la lassitude s’installe. Cette blessure m’a au moins redonné faim et l’envie de m’entraîner, de jouer.

Pourquoi avoir passé deux semaines aux Etats-Unis, dans un centre de préparation pour sportifs de haut niveau ?

Parce qu’il y avait une période de quinze jours, début novembre, où le centre d’entraînement du Stade allait être désert, étant donné que le groupe était à Hongkong puis en vacances. Je n’avais pas envie de rester tout seul. J’avais parlé à un kiné, Quentin Piret, qui est un spécialiste du genou et consultant pour les New York Knicks, de mon envie de vivre une expérience différente. Il m’a permis de m’entraîner dans un centre, en Floride, qui prépare physiquement les joueurs à intégrer la NFL (NDLR : championnat de foot américain).

Qu’en avez-vous retiré ?

Lors de ma première blessure, j’avais privilégié la condition générale. Cette fois, dès le début de ma rééducation, j’ai souhaité axer mon travail sur l’agilité, l’explosivité, la rapidité. Aux Etats-Unis, ils ont une approche très différente. Ils travaillent très peu l’endurance. Ils axent tout sur la vitesse, la force, l’explosivité. C’est exactement ce qu’il me fallait à ce moment de ma rééducation. Je bossais énormément avec les running-backs et les receveurs, dont le profil se rapproche de mon poste d’ailier. Leurs entraînements, durant lesquels ils ne parlent pas, sont très courts et très intenses.

Avez-vous pu vous aérer l’esprit ?

Oui. Ce départ aux Etats-Unis est intervenu à un moment où ça commençait à être un peu long. C’était primordial de voir autre chose, de ne pas ressentir la frustration de regarder les autres préparer les matchs. J’ai pu assister aux entraînements des Dolphins (NDLR : l’équipe de foot américain de Miami), et d’assister à trois matchs de NBA. J’ai été impressionné par tout ce qu’il y autour des matchs. Ils rendent cela très festif. Il y a des choses à prendre là-bas (NDLR : Clerc codirige une agence d’événementiel et de marketing sportif).

Qu’avez-vous changé d’autre dans votre rééducation ?

J’ai ressenti comme une nécessité de m’entraîner avec des sportifs valides d’autres milieux, comme Leslie Djhone. C’est un sprinteur et il m’a boosté. A un moment, on a beau vouloir aller plus loin, le mental et le corps ont leurs limites. Avoir quelqu’un à ses côtés qui va plus vite pousse à en faire plus. Je vais d’ailleurs continuer à m’entraîner avec lui régulièrement.
Quels objectifs vous êtes-vous fixés ?

J’ai la même ambition : me régaler sur un terrain, remporter des titres avec le Stade toulousain et postuler de nouveau à l’équipe de France. La Coupe du monde 2015 fait notamment partie de mes objectifs. Il y a du taf, c’est dans deux ans, et la concurrence fait rage, mais il y a toujours eu de la concurrence en équipe de France.

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